Poetry

Recueil de poésies


Muse

Ma Muse, je t’accuse,
Ma chair est en émoi,
D'Olympe à Syracuse
Mill' cœurs sanglants, et Moi.

Est-ce une clairière,
Où s’égare mon âme ?
Ou bien une forêt claire,
Peignant ma prison calme ?

Ô poète, derrière !
L’Inspiration qui brame.
Exhaussées tes prières,
Ces silencieux vacarmes.

Semblant tout ignorer,
Sanglotant je m’élance;
L'ancre rouillée: levée,
L'encre ruisselle et panse.

Divine créature,
Incitatrice Nature,
Mon esprit vagabond,
Tu l’immoles en charbon.

Je ne peux empêcher,
Mon coeur de se nouer,
Observant l’incendie,
Ravageant les épris.

Les remparts ne sont plus,
Les oiseaux s’échappèrent,
Les mots ne viennent plus,
Remplir ce dernier vers.


Symphonie

Les brins dansent en harmonie,
Au sein de cette symphonie.
Chef d’orchestre est le vent,
Versifiant en quatre temps.

Une vaste nappe mangue
Inonde le champ exquis.
Le saule pleureur harangue
Les couchés qui renaquis.

Soleil ! Ô arbre fruitier,
Me nourrissant aujourd’hui,
Me délectant à l’envi,
De mes passions infinies.

Rugissent des bois, ô chênes.
Soufflent cuivres, cerisiers.
Pourquoi si grande est ma peine ?
En rythme, chantez, dansez !


Amours

Ils semèrent l’amour,
Il s’aimèrent toujours,
Fils aémères d'un jour,
Sens amers, la mourre.


Songes

Ah! Caustiques cigales,
Acoustique régal
Berçant mes rêves - maux,
Chants, frénésies de mots.

Une bise au visage,
Une brise présage
Un orage, vraiment ?
Ô rage doucement.

Créature onirique
Ô fantasmagorique
Jetant une ombre au sol;
Rondeurs, ravins et cols.

Puis un rire caresse
Les feuilles de l’ivresse,
Éveillant mille désirs,
Vils et charnels plaisirs.

Dessein commun, est-il ?
Des seins salins, une île ?
Pupilles - mer azure,
Et je plonge, morsure!

Ce doux poison m’emplit,
Nectar fait de folie
Et coule dans mes veines,
Parfum exquis, mortel!

Suave precipice
A l’horizon s’esquisse.
Le ressac vint alors
Le Pessac - vin - m’endort.


Raison

A l'ombre je me prélasse,
Lassé de toutes ces gens
Qui passent et ressassent, râlant
Leur désirs reluisants.

Las, je ne peux pas saisir
Ce long instant qui s'élance
Et qui coule entre mes rires,
Fus-je présent ou en transe?

Croupir dans mes rêves,
Cela m'est cent fois préférable
Que partager notre fève,
Ire ! Ingrats lassables.

Mais ne suis-je pas égal
A mes frères' athéniens,
Dans ces infinis dédales
Partageant comme un destin ?

Et le temps glisse toujours,
Encore sur mon corps mort,
Arrachant, jeuness', amour,
N'épargnant trop peu mon sort.

Quel est leur Raison, vent fort
Auquel ils s'agrippent encore ?
Animés d'une passion
Ils gardent le cap, démons!

A l'ombre je me prélasse,
Orphelin sous la verdure,
Instant virevoltant, fugace,
Guidé par ce lent murmure.


Les Statuts de l'Homme - Thiago de Mello


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